la climatisation des grandes profondeurs
| 24 septembre 2008Dans Europe 1 Matin avec Marc-Olivier Fogiel, Christian Buchet consacre sa chronique “environnement” à l’idée d’un Américain de puiser l’eau glacée des profondeurs pour refroidir l’eau douce circulant dans les climatisations.
Un procédé séduisant : la climatisation à partir de l’eau de mer.
Oui, c’est absolument génial, l’idée en revient à un Américain, Richard Bailey, diplômé des plus prestigieuses universités américaines, mais le procédé est simple, ultra simple. Un procédé dont il a équipé l’Intercontinental de Bora Bora en Polynésie française, et cela marche au-delà de toute espérance. Un tuyau de 2 km et demi va chercher l’eau des profondeurs à 915 m, une eau à 4,5 ° qui monte toute seule sous l’effet de la pression (c’est un peu comme une paille dans un verre : le niveau du liquide dans la paille est le même que celui du verre). On fait alors transiter cette eau glacée par un échangeur thermique qui va ainsi refroidir l’eau douce qui circule en boucle dans tout l’établissement, fournissant de l’air conditionné à l’ensemble de l’hôtel. Une eau de mer qui est ensuite rejetée à quelques 11° par 60 m de profondeur, sans le moindre impact environnemental. Un procédé, qui permet d’économiser 90% de la consommation électrique comparé à un système de climatisation conventionnel. Sachant que dans les climats chauds, la climatisation représente quelque 85% des dépenses énergétiques, on voit tout l’intérêt du système. Ce sont 2 millions et demi de litres de fuel d’économisés par an, avec les émissions de Co2 qui vont avec !
Est-ce réaliste économiquement si on intègre le coût de l’installation ?
Tout à fait, l’investissement a été de 4,8 millions d’euros, un investissement qui sera totalement amortie en moins de 5 ans. Le procédé, n’en doutons pas, devrait rapidement faire des émules. Et, cerise sur le gâteau, on peut utiliser une partie de ces eaux des grandes profondeurs, une des eaux les plus pures que l’on puisse trouver, particulièrement riche en oligoéléments, pour, comme cela a été fait à Bora Bora, créé un centre de Thalasso. Comme quoi, économie, environnement et bien-être peuvent parfaitement chanter de concert !